et genre elle s’est dite moi zoci faut que je poste quelque chose !

Une petite précision au préalable : Sun Li c’est Zeri3a et Zeri3a c’est Sun Li, et oui, en référence à quelqu’un qui se reconnaîtra, elles auraient bien besoin toutes les deux d’un thérapeute. Un truc genre douche glacée dans un sanatorium en Suisse, histoire de se remettre les lobes en place.

La question que tout le monde se pose (ou que personne ne s’est jamais posé, trop occupés qu’ils sont à avoir une vie) : qu’est-ce qui nous a préservé aussi longtemps de ses billets boiteux et plein de tentatives désespérées d’amener un sourire connaisseur sur nos lèvres ? Je serais tentée de crier : FACEBOOK !! mais même si c’est en partie vrai, le fait est que c’est facile de l’utiliser comme synonyme de ma paresse et de mon voyeurisme effréné. J’avoue, entre prendre le temps de faire des phrases zet des paragraphes, ou de faire défiler l’album de mariage d’une copine de lycée, en critiquant le nez de son mari/sa troisième tenue/le fait qu’elle s’est mariée, mon choix est vite fait. Variante où je me la pète moins : album photos d’un pote de promo en stage somewhere remote and exotic. J’ai honte de le dire, mais faut bien avouer que l’endroit le plus dépaysant de Morizgo, ben.. ça doit être au déj, en regardant les infos sur LCI. Le sigh.. Tout ça pour dire que oui, Facebook (et MSN) comparé à l’entretien d’un blog avec amour et dévouement, c’est un peu comme les jeux de poignet comparés à des gymnastiques en duo. Ca consomme moins de calories, le résultat est garanti, mais on se sent quand même un peu coupables de pas avoir fait plus d’effort. Je ne vais d’ailleurs pas m’éterniser sur cette réalisation Mark Zuckerbergienne, des gens l’ont fait avant et BIEN MIEUX que moi.

Toujours dans la lignée de “c’est pas moi c’est lui !”, un être héroique et moustachu est à remercier pour votre sécurité visuelle de ces derniers mois. Charlie, 3 ans et plus de coucougnettes, overpopulation féline oblige (on était à 8 à un moment, Octomom ain’t got nothing on me !). Son kiff, à l’amour de ma vie, c’est de se poser sur mes genoux quand je suis sur l’antirnite. The thing is, l’amûûûûr de ma vie est gros, l’amour de ma vie pèse dans les 5 kilos, et quand il s’étale sur mes genoux, ya pour ainsi dire plus de place pour la machine à se connecter. Je me retrouve donc à me contorsionner, l’ordi posé sur le bras du canapé, mon tronc à 90 degrés pour rester face à l’écran et mes bras façon canard pour éviter de heurter la tête du divin enfant qui s’est endormi, les photos de “meufs du lycée” en sari bollywoodien, mari tout neuf et appareil dentaire l’indifférant spectaculairement.

Enfin, je suis une no-life. Je n’ai rien à raconter, ou plutôt si. Mais rien qui ne convienne à des lecteurs de blog (hou la préééésomption :). J’aime mon travail, mais il est dépressogène, et je m’en voudrais de devoir me confectionner une bannière “Internaute, prends un demi de Zolam avant de lire ce post”. Le mix “hôpital public payant” et “pas de salaire because pas de travail” donne lieu à des situations d’une cruauté assez absurde. Je ne sais donc pas où se situe la frontière entre témoignage et exhibitionnisme à la “Le Fil Blanc” (de loin mon émission favorite du PAM), parce que je suis assez pessimiste sur la possibilité que quelque chose puisse changer dans cette me3ma3a-là…

Dernière mise en garde (promis !), il ne faut surtout pas m’encourager à parler de mes chats, chiens ou affaires de coeur. Les deux premiers sont bien réels, les troisièmes le fruit de ma débordante imagination, et dans tous les cas ils donneraient lieu à une logorrhée passablement insupportable, alternativement gâteuse ou… gâteuse. Just don’t get me started.

PS : je sais que j’ai déjà commis un post de ce genre dans le passé genre “croix de bois, croix de fer, je vais m’y remettre à mon blog”… Mais là ouais, je le sens, mon kiki, c’est reparti pour de bon !

PPS : fast-forward 40 years 🙂 (je sais, ouais, je se foule pas des masses pour mes liens..)

charlie

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– espérer que Raphael et Mélanie Laurent se remettent ensemble.

– mettre en place des mesures coercitives pour que ses collègues arrêtent de lui piquer puis de perdre ses stylos soigneusement choisis à la référence près. Parce que oui, M et F, c’est juste pas la même chose.

– implorer WordPress de prendre une décision : ou bien le serveur fonctionne, ou bien il ne fonctionne pas. Mais ça sert à rien de frustrer son utilisatrice la plus prolixe 13 fois sur 14.

– lire moins de Cosmopolitan et plus de Newsweek. Ou le contraire ?

– acheter des chaussettes dans un des 3 coloris suivants : gris, gris foncé, noir. Ca ne sert à rien de ruiner une crédibilité déjà vacillante en dévoilant des chaussures rayées orange/vert avec une tête de chat au moindre mouvement de cheville.

– regarder les gens dans les zyeux quand ils parlent. Les gens ne mordent pas, sauf rares exceptions. Les enfants encore moins (si, si).

– arrêter de croire que la pizza végétarienne puisse entrer dans un quelconque régime. En tous cas pas tant que le ratio pondéral de  mozzarella-légumes dépasse une limite acceptable. Et que les légumes sus-cités sont des champignons fraîchement égouttés.

– rendre grand-papa fier en sortant d’un supermarché avec juste ce qu’il y avait sur la liste de courses initiale.

– “Nature est un doux guide”, certes. Mais ce n’est pas une raison pour arroser épisodiquement son unique plante et ne pas la protéger des assauts du seul chat herbivore et olivophile de Casa.

– tenir jusqu’à l’an prochain, juste pour voir.

” Tu es sur l’avenue. Il fait noir, il fait froid, tu en as marre des appels de phare lubriques à ton égard (et pourtant Dieu sait que tu es loin d’être sur ton trente et un..). Dans le lointain, se profile une petite loupiote tremblotante, qui éclaire faiblement une carrosserie rouge. Serait-ce possible ? S’arrêtera-t-il ? Aura-t-il pitié des moulinets frénétiques de tes bras qui manquent de te faire perdre un équilibré déjà compromis par une paire de  talons ?  Se rangeant méprisamment à l’extrême gauche, il ignore ton manège et tu restes là, frêle silhouette échevelée sous la pluie en manteau trop grand, petite Cosette des Temps modernes lâchée dans cette grande ville sans tuture..”

Comment me venger ? Comment, telle une flaque d’eau projetée par des roues usées sur mon visage marri, laver l’affront qui vient de m’être fait ? Et surtout, comment vous faire perdre votre temps ?

En me livrant sur ces pages virtuelles à une affectueuse mais néanmoins caustique tentative de “catégorisation” (oups, néologisme) des conducteurs de taxis casablancais (pourquoi pas Rbatis ? mais parce que tel est mon bon vouloir ! et qu’ils sont aussi trop chers pour que je puisse parler d’eux en connaissance de cause).

Tout d’abord, mon préféré : le Dakhel Sou9 Rassou mélomane. Tu montes dans le taxi, he doesn’t check you out. Il émet un discret bonjour, hoche de la tête quand tu indiques ta destination, et mets un disque. Stevie Wonder emplit l’habitacle, suivi quelques minutes plus tard par Cat Stevens, puis Dire Straits. Tes oreilles frétillent de plaisir, and you’re in cheer bliss til you reach your destination. A ce jour, rencontré en un seul exemplaire, et toujours activement recherché.

Son jumeau malfaisant : le Mec qui écoute la radio en arabe. Hyper fréquemment rencontré, celui-là, et de préférence le matin, quand ta tête cherche désespérément à retomber en arrière, tes paupières à se dégonfler et ton estomac à digérer la pizza froide + espresso que tu lui as livrée (oui, au p’tit déj..). Le problème, c’est pas du tout le fait que la radio soit en arabe. On a absolument rien contre un bon classique genre Ismahan délivré dans mes oreilles fatiguées. Non, le problème c’est qu’apparemment ils sont tous fans de la même émission. Des conseils pseudo-médicaux délivrés par une dame à l’accent assez reconnaissable, qui nous explique la bonne manière de se décrasser la vésicule biliaire ou la trompe d’Eustache. Où est la douceur ? Où est le silence dont j’ai tragiquement besoin à chaque fois que l’aube aux doigts de rose darde ses rayons sur mes cernes fatiguées ?

Autre personnage marquant, le Fou du volant. Je tiens au passage à signaler que, dans un souci de véracité, je ne l’ai jusque là rencontré qu’une seule fois en un an et demi d’exercice (ben oui, cliente de taxis, it’s a full-time job, ma p’tite dame !). Je sais bien que ceci est pour le moins surprenant, connaissant la réputation de nos RDN nationaux (attention, référence cinématographique..), mais cette constatation peut être expliquée par 3 hypothèses :

  • je n’emprunte pas de white taxis (ennemie de la proximité), qui, eux, ont une fâcheuse tendance à confondre une Mercedes 240 asthmatique avec une Peugeot 103 anorexique (et beaucoup plus maniable).
  • les chauffeurs de taxi n’oublient pas de prendre leurs pilules avant de commencer leur service
  • les anges gardiens existent

Néanmoins, quand on monte avec ce genre de chauffeur, c’est une expérience dont on sort marqué(e) au fer rouge. Déjà, la trace du siège sur tes doigts (tu l’as serré très fort quand le monsieur qui traversait la route a failli se faire dégommer) mettra 17 jours à disparaître, et tu ne pourras plus jamais les étendre comme avant. En plus, tu te découvres en direct live de nouvelles ressources diplomatiques (stimulées par la perspective de te faire déposer sur le Bas Zerktouni à la tombée de la nuit). Oui, tu souris quand le taxi-driver parie avec toi qu’il arrivera à passer le feu vert clignotant avant qu’il ne change de couleur. Oui, tu arrives même à lui dire que s’il jouait sur GTA, il aurait explosé les scores de ton petit frère qui pourtant est loin d’être un newbie. A la vue de son sourire, tu te dis que ta duplicité aurait pu te mener loin dans la France vichyste. Note spéciale aux amoureux des créatures à fourrure (chien, chats, innocents ratons) : ils risquent fort d’être les témoins involontaires de scènes hautement traumatisantes.

En spéciale dédicace, Le Sénile. Bien plus dangereux que le spécimen décrit précédemment, et pour cause. Lunettes rabibochées au chatterton et solidement fixées sur l’arête de son nez, crâne passablement dégarni, taguia greffée sur le tout, il s’accroche à son volant comme un naufragé à Pamela Anderson (les bouées c’est tellement dépassé comme image) et se rapproche autant qu’il le peut du pare-brise dans l’espoir fou d’améliorer son acuité visuelle et sa perception de la route. Oh bien sûr, il roule doucement. Mais il a aussi une approche fantasque de l’utilisation d’une pédale de frein, l’écrase brutalement et sans aucune raison, avant de relever son pied tout aussi rapidement et de chercher autour de lui, éperdu, le danger inexistant qu’il avait identifié à coup sûr. Sun Li est-elle cruelle ? Ui.

Enfin, le Bidaoui. La soixantaine à peine entamée, le volant repoussé en haut et en avant par un bidon conquérant, Monsieur a le contact facile et une curiosité sans bornes. Nul doute que la boîte à gants sert de réservoir pour les innombrables fiches qu’il a constitué pour chaque client qui a un jour posé les fesses sur ses sièges en cuir éculés. C’est ainsi que quelques secondes après avoir indiqué ta destination, tu te vois interrogée sur ton niveau et lieu d’études, statut matrimonial, véritable couleur de cheveux et marque de dentifrice préférée. Ceci n’étant bien sûr qu’un prélude pour qu’il puisse placer une diatribe pré-enregistrée sur le thème de son choix : les brosses à dent électriques ? mauvais plan, d’autant plus qu’il a été prouvé scientifiquement qu’elles causent des calculs rénaux (source  : le gratuit distribué chaque matin au feu rouge). Il a su que tu étais célibataire et vous croisez une voiture endimanchée probablement échappée d’une noce de Tijuana ? Il propose de décorer son taxi pour tes épousailles, en avançant que ce sera une idée hautement originale. Indéniablement, surtout si à défaut de victime humaine, tu embarques ton Charlie, siamois mélancolique, dans l’aventure du mariage. Enfin, fils du Hay (Mohammadi, bien sûr), si tu le croises un jour férié (synonyme de ville vide), il t’expliquera en long et en large comment Casablanca n’a été que très récemment envahie par les métèques. Fille du fleuve, tu te laisses un instant bercer par l’illusion que tous ces mois que tu as passé dans la grande ville blanche pourraient te faire adopter par elle.. 

Sweet baby,

You brought your daughter to the shore before you painfully sailed away. Your husband loved you like a sister, and he massaged your feet as you were fighting for air and a little less pain. He fed you, he covered you, he smiled to you and tried to cheer you up. We, cowards that we are, couldn’t tell him the news until we were damn sure there was no hope left.

We can’t understand why pieces of paper decide on the length of people’s lives. I’m sure your young man will never be the same, he’ll never ever believe in happy endings again, he’ll start feeling the unfairness of it all, and he’ll soon become bitter and resentful. Because how wrong is it to have to pay to live ?

And how wrong is it to expose it all and write it down ? There is no way we’ll feel better about it afterwards.

I felt I needed to warn people living in Casablanca who left elder relatives in the other city (Rabat), about the potential health risks involved in living alone, and dividing (unequally) each week over the two cities. All examples used here are based on true-life experience.

Everytime I’m back in my hometown, and mom gives me a ride, I feel an urge to reach in my purse and pay her when she stops to drop me.

I’ve had more than my fair share of waking up with my mouth wide open and my head tilted to the back after taking a public nap in the train, in that critical time of “not night yet, but had a loooooooooong day at work” which is known as 7 pm.

I had to come clean about my cooking abilities and can no longer pretend my only skill is heating up water for my morning tea. I’ve been since considered able to lend a hand in the kitchen, which leaves me much less time for my favorite sunday afternoon activity (counting blackheads on dim light).

I talk to the lift’s mirror every morning, on a cheery tone, wave my hair around, and discuss with it the reasons why it’s gonna be a good day.

The cats own the remote control.

I had to come to terms with writing checks. In my mind, I’ll always be 11 and half years old.

To get back on the subject of cooking, I still haven’t managed to figure out the right amount of food for me. I always end up with a dish for six (yes, people, this is an invitation).

Most importantly, I choose whether I want to talk or not when I have breakfast.

Ecoute, oui, je vais bien. Je vais bien. Mais lui, je ne sais pas. Je ne sais pas, je regarde ses chaussures, vieilles, crevassées, qui ont pris le temps de se mouler sur ses pieds de vieil homme sénile, ces pieds qu’elles ont dû creuser, blesser longtemps avant que la concorde ne s’installe entre eux. Je me demande si l’aide-soignante n’oubliera pas de les emmener elles aussi à la morgue.

Je ne sais pas non plus comment elle va, elle, qui dix minutes avant était vivante, angoissée mais vivante, et qui maintenant nous quitte alors que nous tous courons dans tous les sens, branchons différents appareils, massons, rougissons sous l’effort, avant d’être submergés par le dégoût de l’échec et la peur dans le regard des autres patients qui ont tous vu.

Je me demande comment elle va, celle qui me maudit de ne pas la laisser embrasser sa mère “Elle a besoin de repos, et de toutes façons, ce n’est pas permis”. Moi et mes convictions, mes règles inébranlables dans lesquelles je m’enferme. Et ma mâchoire se crispe, mes yeux s’agrandissent dans le malaise de répéter “Non non non” à l’infini.

Je touche les mots à présent. Ils m’entourent, ils sont là. Dans les scopes des malades. Les regards angoissés de leurs familles qui n’arrivent pas à appréhender ce qui arrive. Notre fatigue à nous, qui nous traînons de dossier en dossier et minimisons ce qui ne tuera pas car l’inconfort d’un humain fait à présent partie de la norme pour nous. Ces mots : injustice, absurdité, innocence, indécence. Irréversible, par dessus tout. Nous enterrons l’idée que le pire peut toujours “dé”-arriver.

Mais je vais bien, merci.. Ma journée a été bonne.